STL : Visite chez Arcelor Mittal

Ce vendredi 25 janvier 2019, dans le cadre du cours « Ouverture vers le monde de la recherche et de l’industrie », les élèves de 1STL ont été accueillis sur le site ArcelorMittal de Saint Chély d’Apcher. Ce site industriel de pointe est spécialisé dans la production d’aciers dit « électriques ». Grâce à leur haute teneur en silicium, ces aciers intégrés dans des moteurs électriques sont capables de dissiper très peu d’énergie par effet Joule lorsqu’ils sont traversés par un courant.

Les élèves ont été guidés par monsieur Camille Gousset, technicien BEAT mesure (instrumentiste). Les objectifs de cette visite sont multiples : découverte d’un milieu industriel de pointe, d’une ligne de production. Un éclairage particulier a été porté sur le métier de monsieur Gousset : titulaire d’un baccalauréat STL, puis d’un BTS CIRA (Contrôle Industriel et Régulation Automatique) qu’il a complété par une Licence Pro CMQ (Contrôle, Métrologie, Qualité), il gère, depuis 11 ans, les chaines de mesure tout au long du processus de fabrication à Saint Chély d’Apcher.

La visite s’est déroulée en quatre temps :

 

Présentation générale du groupe ArcelorMittal et de l’usine de Saint Chély d’Apcher

Leader mondial sur le marché de fabrication d’acier, le groupe ArcelorMittal emploie 15.840 personnes en France, ce qui le met dans les plus gros employeurs français. Les marchés d’utilisation des aciers produits sont nombreux : Automobile, Construction : citons les stades de football pour la prochaine coupe du monde au Qatar, le viaduc de Millau (30.000 t d’acier), Emballage alimentaire : canettes, boites de conserve.

Il est à noter que le groupe ArcelorMittal possède également les mines permettant d’extraire le minerai nécessaire à la production d’acier, assurant ainsi son indépendance.

Deux sites en France fournissent l’usine de St Chély en acier :Dunkerque, Fos sur Mer.

Le site de Saint Chély d’Apcher, dirigée par monsieur Philippe Chapus, emploie 200 personnes et produit des aciers électriques. Cette usine est l’une des plus vieilles en France. Elle fut fondée en 1917, lors de la seconde guerre, et alors dédiée à la fabrication d’obus.

Le processus est ensuite présenté de manière très précise. Il est le suivant :

Présentation des règles de sécurité du site

Les élèves ont reçu les consignes de sécurité : suivre les passages balisés pour piéton, être extrêmement attentifs à tous les engins motorisés, notamment ceux transportant les bobines, chacune d’elle pesant 20 t. Les risques de coupure sont élevés. Les aciers travaillés, ayant un teneur en silicium élevée (3 à 4%), sont très durs et cassants, donc très coupants.

Chaque élève se voit remettre une chasuble orange fluorescente, un casque et une paire de lunettes de sécurité.

Visite de la ligne de production de « A à Z »

Toutes les étapes sont particulièrement impressionnantes. Les élèves ont pu alors se rendre compte de réalités industrielles :

  • Le savoir-faire des personnes : les métiers sont nombreux mais tous requiert un niveau de qualification important ;

  • Une technologie de pointe : citons le Quarto, laminoir 4 cylindres bi passe (vitesse de 700m/min), la démesure de la nouvelle ligne de recuit, le vernissage avec séchage vertical, le soudage laser des extrémités de bobines pour ne pas interrompre le processus, …

  • L’importance de l’outil informatique pour piloter de telles installations ;

  • Les investissements financiers importants : la ligne de recuit a coûté 90 millions d’euros.

Exposé d’un travail demandé par M. Gousset à nos élèves.

Monsieur Gousset fait alors découvrir aux élèves les facettes de son métier d’Instrumentiste. Les mesures sont nombreuses sur les lignes de production :

  • Prises de température par thermocouple de type K (NiCr, NiAl) : décapage, dégraissage, émulsion huile ;
  • Prises de température par thermocouple de type S (Pt 10%Rh, Pt) : four de recuit ;
  • Mesures de vitesses par effet Doppler ;
  • Mesure d’épaisseur par rayons X, par courants de Foucault ;
  • Mesure d’épaisseur au pied à coulisse, au micromètre ;
  • Mesure de conductivité pour connaitre l’alcalinité des bains de dégraissages ;
  • Mesure de débit d’émulsion au quarto par impulsion électromagnétique ;
  • Prises de température par pyrométrie optique ;
  • Mesures de pression différentielle (N2, H2) ;
  • Mesures de taux d’O2 et H2 par capteurs électrochimiques ;

Inscrit dans une démarche Qualité, monsieur Gousset, en salle, en fin de visite, nous propose un travail à réaliser dans notre laboratoire.

Il s’agirait d’éditer un manuel de vulgarisation permettant d’expliquer le fonctionnement de deux types de mesures :

  • Mesure de la vitesse de défilement de bande / Vélocimètre L.A.S.E.R. de surface ;
  • Mesure de niveau de liquide dans cuve de stockage / Ultrasons ;

Les élèves doivent remettre à l’entreprise un document type rapport, structuré, permettant de comprendre par l’expérience la théorie sous jacente à ces deux mesures. Ce livret serait destiné à expliquer aux nouveaux arrivants de manière simple ces deux techniques de mesure.